La pratique consistant à associer un produit traditionnel à un médicament pharmaceutique prend de l’ampleur en Guinée, malgré les risques qu’elle comporte. Ce mercredi 10 septembre 2025, notre rédaction s’est intéressée à ce phénomène afin de sensibiliser la population.
De nombreux malades choisissent de mélanger ces deux types de produits dans l’espoir d’accélérer leur guérison. Si la pharmacopée joue un rôle capital dans le processus de soin, les professionnels rappellent que les médicaments pharmaceutiques disposent de posologies précises qui ne doivent pas être ignorées.

Les vendeuses de produits, qu’ils soient traditionnels ou pharmaceutiques, déconseillent l’usage simultané. Elles recommandent de respecter un intervalle entre les prises.
« Chaque produit a un rôle spécifique qui obéit à sa propre méthode d’utilisation », explique Gouly Binti Sylla, vendeuse de produits traditionnels, qui insiste sur la nécessité de respecter le temps d’action de ses préparations. Selon elle, les premiers effets d’un médicament traditionnel apparaissent généralement après trois jours.
Du côté des pharmaciens, les mises en garde sont encore plus fermes. Ils estiment que la fusion des deux types de produits provoque des interactions aux conséquences potentiellement graves. « L’efficacité de la pharmacopée est indéniable, mais son problème réside souvent dans la posologie », souligne le pharmacien Mohamed Lamine Kaba, qui invite les patients à plus de prudence.
En dépit de son caractère tabou, le sujet mérite une attention accrue. Les spécialistes rappellent que seule une utilisation raisonnée et encadrée peut préserver la santé des patients et réduire les risques liés à ces mélanges.
Siaka Tindila Keita



