Incendie à l’école Madina dispensaire: “Toute implantation d’espace scolaire au-delà du R+2 exige un renforcement des exigences techniques” (Par Patrice Millimouno Architecte Junior)
La construction des équipements publics, et plus spécifiquement des équipements éducatifs, souffre aujourd’hui d’un non-respect manifeste des normes architecturales, structurelles et fonctionnelles qui régissent l’édification de bâtiments à usage collectif. Cette défaillance se traduit aussi bien dans la conception spatiale que dans la mise en œuvre technique, entraînant des risques majeurs sur les plans sécuritaire, ergonomique et sanitaire.
Sur le plan architectural, plusieurs projets présentent une absence de hiérarchisation programmatique, une mauvaise distribution des circulations verticales et horizontales, ainsi qu’une inadaptation des volumes bâtis aux usages réels. Les normes en vigueur recommandent, par exemple, la systématisation des cheminements accessibles, la mise en place de sorties de secours conformes, des largeurs de couloirs adaptées, et une ventilation naturelle optimisée pour garantir un confort thermique et hygrothermique adéquat. Or, dans de nombreux cas, ces paramètres essentiels sont ignorés ou minimisés, compromettant la qualité d’usage et la durabilité des ouvrages.
Dans le secteur éducatif, cette problématique est encore plus préoccupante, car le bâtiment scolaire est un équipement sensible soumis à une fréquentation continue d’usagers jeunes et vulnérables. Les normes recommandent une organisation verticale des étages proportionnée aux tranches d’âge, afin de réduire les risques liés aux déplacements dans les escaliers, aux paniques en cas d’évacuation, et aux contraintes ergonomiques liées à la mobilité des enfants. Ainsi, l’agencement des niveaux doit suivre une gradation rigoureuse :
Rez-de-chaussée : enfants de 3 à 6 ans
(maternelle / préscolaire), cela pour limiter l’usage des escaliers, faciliter l’évacuation et garantir un accès direct aux espaces extérieurs protégés.
1ᵉʳ étage : enfants de 7 à 10 ans
(cycle primaire inférieur), tranche d’âge considérée comme ayant une autonomie motrice suffisante, tout en nécessitant des circulations protégées.
2ᵉ étage : enfants de 11 à 14 ans
(cycle moyen / collège), aptitude à gérer les déplacements verticaux, sous réserve d’escaliers conformes et de dispositifs sécuritaires renforcés.
3ᵉ étage et plus : adolescents de 15 ans et plus (lycée / enseignement technique), usagers capables de gérer une hauteur plus élevée, conformément aux normes d’accessibilité et de sécurité incendie.
NB: Toute implantation d’espace scolaire au-delà du R+2 exige un renforcement des exigences techniques, notamment en matière d’ascenseurs obligatoires, de dispositifs coupe-feu, de désenfumage mécanique, et de stabilité au feu de la structure porteuse.
À noter que le non-respect de ces prescriptions architecturales expose non seulement les usagers à des dangers, mais compromet également la conformité du bâtiment face aux contrôles réglementaires, rendant l’équipement inapte à l’exploitation ou non certifiable par les autorités compétentes. En voici un exemple palpable ci-dessous.
Conclusion: Appel aux professionnels
Face à ces enjeux majeurs touchant directement la sécurité, la fonctionnalité et la qualité éducative, il devient impératif que la conception et l’exécution des bâtiments soient exclusivement confiées à des professionnels qualifiés : architectes inscrits à l’Ordre, ingénieurs spécialisés, bureaux de contrôle, géomètres et entreprises agréées. La construction n’est pas un domaine d’improvisation ; c’est une discipline technique exigeante où chaque erreur peut coûter des vies.
Par Patrice Junior Millimouno
Architecte Junior